Pourquoi nous est-il si difficile de lâcher-prise ?

Dans cet article, je vous partage ma vision et mes apprentissages de l’expérience du lâcher prise. Mes mots sont issus de ce que m’a appris la meilleure des enseignantes : la vie, qui m’amène de plus en plus à me déposer dans ses bras et à lui faire confiance. Mes questionnements: Pourquoi avons-nous tant de difficulté à lâcher prise ? Et pourquoi aurions nous intérêt à nous laisser porter – la vie n’aurait-elle pas un plan bien plus parfait et aligné pour ce que nous sommes ?
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s'en remettre à la perfection de la vie

Une question de perspective

Les événements se déroulent rarement comme nous l’avions prévu, pas vrai? Pourtant, mis en perspective – le fait que nous ne soyons pas en contrôle des événements semble évident.

Il nous suffit de porter notre regard sur la perfection qu’est la vie elle-même – l’existence de la graine qui porte en elle toute la création, l’ingéniosité du fonctionnement de notre corps humain, la beauté qui s’exprime dans la Nature… etc. Nous sommes forcés de constater, avec humilité, qu’une force bien plus grande que nous est à l’œuvre. 

Et tout cela se déroule sans que nous ayons à y faire quelque chose, n’est ce pas ? On peut même affirmer que c’est lorsque l’Humain s’en mêle que l’on constate les dérèglements. Alors puisque nous faisons nous-même bel et bien partie de cette grande Création Universelle, est ce vraiment raisonnable de penser que nous devons intervenir pour que notre vie se déroule à la perfection ? Que serions nous en train de vivre si, au lieu de lutter contre, nous mettions notre force de volonté et d’acceptation, au service de ce que la vie nous propose ?

nous nous créons une dépendance aux circonstances extérieures

Notre mental juge en permanence. Entre ce qui est bon pour nous, ce qui ne n’est pas. Ce que l’on aime, ce que l’on n’aime pas. Ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas. Et selon quoi ? Selon quel principe scientifique ou universel ? Aucun. Seulement celui de nos préférences individuelles. Il ne s’agit pas de condamner notre mental, il joue son rôle à la perfection. Seulement, il est limité, et par conséquent, il nous limite. Il ne peut se référer qu’à nos expériences passées, il est donc dépourvu d’une vision globale de l’étendue de tous les possibles.

Autrement dit, nous donnons la précédence à notre mental, et sommes en réaction face aux circonstances extérieures. Sans nous en rendre compte, nous vivons une bataille perpétuelle entre notre volonté individuelle et la réalité de la vie qui continue de se déployer librement. Dans notre tentative vaine de faire en sorte que le monde extérieur se conforme à nos attentes, cela nous place dans un état de dépendance : lorsque les choses se passent comme nous le souhaitions, nous nous sentons serein.es et rassuré.és, et dans le cas contraire, nous éprouvons de la déception, de l’anxiété et du stress.

Lâcher prise, Qu'est ce que cela signifie ?

le lâcher prise ou la sagesse de l'acceptation

Pour autant, il ne s’agit pas là de se croire complètement impuissant ou dans l’attente que les choses se présentent – nous sommes toujours en possession de notre libre arbitre et acteur.rice de notre propre vie. 

Savoir lâcher prise, c’est simplement d’avoir la sagesse de l’acceptation et la capacité de faire la différence entre ce qui dépend de nous, et ce qui ne dépend pas de nous. Hors, nous avons encore tendance à résister aux changements, aux imprévus, à avoir peur de l’inconnu. Pourquoi avons-nous tendance à vouloir (tout) contrôler ?

renforcer notre sentiment de sécurité intérieure

La difficulté à lâcher prise va de pair avec le manque de sécurité intérieure. Dans ce cas, nous ressentons le besoin d’anticipation, d’organiser les choses et les événements dans un cadre qui nous sécurise. Ce besoin de protection est légitime lorsque nous courons un grave danger, que des risques sont avérés, mais l’est elle dans notre vie au quotidien ? De quoi sommes-nous réellement menacés ? Le vrai risque étant de nous enfermer dans un cadre rigide et limité, qui ne laisse aucun espace afin d’accueillir de belles surprises ou de nouvelles opportunités. 

le non-attachement

Nous avons aussi tendance à nous attacher aux choses et aux idées que l’on se fait, au point parfois de ne plus avoir suffisamment de recul pour réaliser que ce à quoi l’on s’accroche tant n’a peut être pas tant d’importance. Le non-attachement est une grande clé qui permet, premièrement, de ne pas être déçu lorsque quelque chose ne va pas dans le sens que l’on s’imaginait, mais aussi de s’autoriser à vivre davantage dans le moment présent.

accepter l'erreur

Dans certains cas, nous craignons de prendre une “mauvaise” décision, de faire un “mauvais” choix. Nous anticipons alors tous les scénarios possibles et imaginables (et pour autant limités) pour éviter de se tromper, éviter de faire “une erreur” (si tant est que l’erreur existe réellement). Accepter que “l’erreur” fait partie du parcours, est une expérience nécessaire même, qui nous permet d’apprendre et d’évoluer.  Cela ne permettrait-il pas de vivre avec un peu plus de légèreté ?

alors comment réussir à lâcher prise ?

Voyons les choses sous un autre angle, afin de ne plus se répéter cette injonction au lâcher prise. Il s’agit en réalité d’accueillir le sentiment de peur qui se cache derrière ce besoin de contrôle, et donc de trouver l’espace où vous avez besoin de renforcer le sentiment de confiance et de sécurité en vous-même. Au lieu de nous répéter qu’il est nécessaire de lâcher prise, posons nous plutôt la question : “Qu’ai je besoin de guérir en moi pour me sentir confiant.e et sécurisé.e?”

trois piliers de confiance

  • La confiance en soi. Lorsque nous avons confiance en nos ressources et nos capacités d’adaptation, nous sommes plus ouvert.es et réceptifs.ves. Il s’agit ici d’aller renforcer notre sentiment de sécurité intérieure en allant visiter les blessures de notre enfance (lorsque nous ne nous sommes pas sentis protégés ou en sécurité) et les systèmes de croyances que nous avons construits de nos expériences passées. Il est important dans ce cas que nous soyons à l’écoute de nos besoins et des émotions qui nous traversent. Nous pouvons aussi observer avec un regard neuf, que même lorsque des difficultés se sont présentées, nous avons été capable de déployer les ressources intérieures nécessaires, nous faire confiance et être un soutien pour nous même. 

  • Confiance en l’autre, et plus largement en l’Humanité. Or, “l’autre” est précisément ce qui ne dépend pas de nous. Il s’agit encore ici de revenir à vous même, à vos propres besoins et d’aller explorer ces peurs, ces inconforts. Ainsi vous pourrez permettre à l’autre de faire sa propre expérimentation de la vie, prendre ses propres décisions et lui laisser aussi l’opportunité de faire ses propres erreurs en acceptant qu’elles font partie d’un processus d’évolution.

  • La confiance en l’Univers/en la Vie découle naturellement des deux précédentes. Il s’agit de la prise de conscience que c’est la Vie qui s’expérimente à travers nous, que chaque expérience que nous vivons est neutre. C’est cette confiance qui permet de s’ouvrir sereinement à recevoir abondance et bénédictions.

nos sytèmes de croyances

Notre degré de confiance en nous, en l’autre et en la vie provient des systèmes de croyances avec lesquels nous nous sommes construits, et dans lesquels parfois, nous nous enfermons. 

Si nous avions la certitude, que chaque expérience de la vie (confortable, ou inconfortable) oeuvre à notre plus grand bien, nous permet de grandir en humanité, et participe à l’élévation de notre Être. Et si nous avions la croyance que l’Univers / la Vie nous apporte tout ce dont nous avons besoin à chaque instant. Nous serions dans un état de confiance absolue. Alors, qui serions nous ? Que ferions nous ? Serions-nous là où nous en sommes ? Qu’oserions nous d’avantage ? Mais aussi, qu’est ce qui nous empêche encore d’y croire et où avons nous besoin d’être sécurisé.e ?